Nutrition Therapie

L'alimentation originelle

Ce que l’on appelle communément le gluten est en fait un mélange de prolamines et de gluténines, deux familles de protéines. On retrouve les prolamines dans de nombreuses céréales comme le blé (la prolamine du blé, de l’épeautre et du kamut s’appelle la gliadine), le seigle (sécaline), l’orge (hordéine) mais aussi dans d’autres céréales comme l’avoine (avénine), le maïs (zéine), le sorgho (cafirine), le riz (orzénine) ou le millet (panicine), mais ces dernières ne semble pas toxiques bien qu’il existe une controverse importante pour ce qui est de l’avoine..

C’est la présence de gluten dans une farine qui la rend panifiable. C’est le gluten qui confère sa résistance et son élasticité à la pâte à pain.

L’ingestion du gluten est associé à plusieurs problèmes de santé : l’allergie au gluten, l’intolérance au gluten ou la maladie coeliaque, la sensibilité au gluten, la dermatite herpétiforme, l'ataxie liée au gluten et peut-être à d’autres pathologies…

La maladie coeliaque, également appelée intolérance au gluten

La maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, est de nos jours une des maladies digestives les plus fréquentes. La Maladie Cœliaque (MC) est une intolérance permanente à une ou plusieurs fractions protéiques du gluten. Elle provoque une atrophie villositaire (destruction des villosités de l’intestin grêle). Il s’ensuit une malabsorption des nutriments, en particulier du fer, du calcium et de l’acide folique. C’est une maladie grave dans laquelle le système immunitaire s’en prend à l’intestin grêle de personnes prédisposées génétiquement. La maladie est provoquée par l’ingestion de certaines protéines de la famille des prolamines qu’on retrouve dans de nombreuses céréales comme le blé, l’épeautre et le kamut (la gliadine), le seigle (sécaline), l’orge (hordéine). Les gluténines sont également toxiques pour les malades coeliaques, mais à un moindre degré. Au total il y a plus de cinquante résidus protéiques du gluten qui sont identifiés comme toxiques pour les maladies coeliaques.

la maladie coeliaque est-elle une maladie génétique?

Il existe plus de 57 gènes associés à la maladie coeliaque. Plus de 90% des malades coeliaques sont porteurs du groupe HLA-DQ2 ou HLA-DQ8. Chez les porteurs de ces deux groupes HLA, le système immunitaire a tendance à considérer le gluten comme un antigène, ce qui favorise l’apparition de la maladie coeliaque. Il ya vraisemblablement d’autres facteurs déclencheurs environnementaux, car beaucoup de personnes qui possèdent cette sensibilité génétique ne développent pas forcément la maladie.

Prévalence

On estime qu’une personne sur 100 peut développer cette maladie en Europe. La prévalence semble identique dans le continent nord-américain. En France, seulement 10 à 20% des cas seraient aujourd’hui diagnostiqués.

Formes cliniques

La forme du nourrisson et celle du jeune enfant est la plus classique. L’enfant présente souvent une diarrhée chronique, il est fatigué, apathique et triste. Son abdomen est ballonné et ses membres graciles. Il existe le plus souvent un ralentissement de la croissance en poids et en taille. Chez l’enfant plus âgé, la maladie peut être peu symptomatique, limitée isolément à une petite taille, un retard d’apparition de la puberté, une anémie ferriprive chronique, des anomalies de l’émail dentaire, des douleurs articulaires…

Chez l’adulte, les signes de la maladie peuvent être la diarrhée et un amaigrissement inquiétant. Plus souvent que chez l’enfant, la maladie peut être mono-symptomatique (anémie ferriprive, ostéoporose…) ou atypique (se manifestant par des crampes musculaires, une stomatite aphteuse, des irrégularités menstruelles, des fausses couches à répétition…). Il faut donc évoquer systématiquement la MC devant ces symptômes. Le nombre et l’intensité des symptômes varient d’une personne à l’autre.

Diagnostic

Les critères pour poser un diagnostic de MC sont :

  • rechercher les anticorps spécifiques de la maladie (anti-transglutaminase) dans le sang;
  • en cas de positivité, pratiquer une endoscopie avec prélèvements (biopsies) sur la partie haute de l’intestin grêle (duodénum);
  • constater une rémission des symptômes après la mise au régime sans gluten.

Certains malades cœliaques ont des anticorps négatifs et, en cas de forte suspicion, une endoscopie peut être nécessaire pour porter le diagnostic.

Traitement

Le seul traitement de la MC consiste à suivre un régime sans gluten strict et à vie. Il n’existe aujourd’hui, aucun traitement médicamenteux. L’exclusion du gluten de l’alimentation est donc le souci quotidien des malades. Les intolérants au gluten doivent être vigilants dans le choix des produits alimentaires courants car le gluten peut être présent sous forme directe (farine…) ou par contamination. 

A peu près 1 % de la population est séropositive pour la MC (présence d’IgA anti-transglutaminase) et a donc une MC plus ou moins silencieuse, mais ces personnes ne sont pas toutes ni dépistées, ni traitées et ne suivent donc pas de régime alimentaire particulier.

Intolérance et non allergie ou sensibilité au gluten

Il ne faut pas confondre l’intolérance au gluten avec les allergies au blé ou au gluten, plus rares, qui mettent en jeu des mécanismes immunitaires différents, en particulier les réactions à l’IgE (par exemple œdème de Quincke). De même il existe une sensibilité ou hypersensibilité au gluten non cœliaque avec des signes digestifs et/ou extradigestifs.

La sensibilité au gluten

Elle se caractérise par la présence de symptômes liés à l’ingestion de gluten qui peuvent être :

  • des signes digestifs associant des douleurs abdominales, des ballonnements, de la diarrhée ou de la constipation, indigestion, acidité gastrique / reflux gastro-oesophagien, syndrome du « côlon irritable ».
  • des signes de mal-être, de mauvais état général, de fatigue, d’eczéma, de stress, de troubles du sommeil, d’engourdissements, tout un cortège de signes dits ‘fonctionnels’ : irritabilité, dépression/anxiété/attaques de panique, douleurs articulaires, fragilité osseuse, maux de tête, migraines, aphtes chronique, pour ne citer que les principaux.

Beaucoup plus fréquente que la maladie coeliaque, la sensibilité au gluten toucherait selon certaines estimations au moins 10% des français soit plus de 6,6 millions de personnes.

Chez les personnes ni intolérantes et ni sensibles au gluten, la gliadine du blé n’est pas correctement digérée et augmente la production de zonuline ce qui rend l’intestin plus perméable. Une étude réalisée sur des personnes en bonne santé (moyenne d’âge 30 ans) a montré une importante diminution de la production de cytokine proinflammatoires dans l’intestin ; autrement dit le système immunitaire semble « plus calme et plus serein » en l’absence de gluten, ce qui est probablement bénéfique pour la santé en général.

La dermatite herpétiforme

La dermatite herpétiforme est une maladie de peau caractérisée par des taches rouges avec démangeaisons généralement retrouvées derrière les coudes et les avant-bras, les fesses et les genoux. Toutes les personnes touchées par cette maladie présentent des anticorps anti-endomysium typiques de la maladie coeliaque. Les symptômes ne sont probablement que le reflet d’une réaction croisée entre la transglutaminase intestinale et celle présente au niveau de la peau.

C'est une maladie rare qui: 

  • est plus fréquente chez les hommes  que chez les femmes, maladie du sujet jeune (d’environ 18 à 45 ans);
  • se présente sous forme de petites cloques disposées en bouquet, prédominantes sur la face postérieure du corps (le dos, les fesses, les coudes..);
  • présente des lésions cutanées évocatrices : prurit (lésions de grattage) parfois très important (insomnie, qualité de vie altérée);
  • dont la confirmation diagnostique se fait sur des examens complémentaires : prélèvements de peau sous anesthésie locale (biopsie cutanée).

La DH n’est pas considérée comme une complication de la maladie cœliaque (MC) mais comme une expression cutanée de la MC, les deux maladies étant parfois associées au plan clinique (symptômes).

 

Lien

http://www.afdiag.fr : association française des intolérants au gluten

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